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mercredi 12 octobre 2011

Le géant slovaque

La Slovaquie, pays de 5,5 millions d’habitants, au PIB annuel de 90 milliards d’euros (à peu près le déficit de la France cette année) et qui contribue au FESF* à hauteur de 1%, vient de dire non à l’évolution de ce fonds pour permettre de régler la crise des dettes souveraines européennes. Ce non bloque complètement le processus, déjà accepté par les 16 autres pays de la zone euro, puisque celui-ci requiert l’unanimité. Dans le même temps, l’UE vient d’accorder à la Serbie le statut de « candidat », c’est-à-dire de futur membre. Sans doute pour se garantir une réserve sans fin de conflits et d’obstructions dans l’avenir. La remarque d’un diplomate européen (l’Europe n’a pas de voisins, elle n’a que des futurs membres) s’avère plus vraie chaque jour. Avant de grossir sans cesse, il vaudrait mieux modifier d’abord cette loi de l’unanimité qui est déjà intenable, à 17 ou à 27. Mais le bon sens n’est pas la valeur la plus en vogue en Europe ces jours-ci.
P.S. Le non slovaque résulte d’un jeu politicien pratiqué par un petit parti de la coalition actuellement au pouvoir. Un nouveau vote est possible, un oui est probable avec un changement d’alliance. Encore une fois, l’intérêt général compte pour du beurre.
*FESF : Fonds Européen de Stabilité Financière.

samedi 23 juillet 2011

Harry Potter et l'argent magique

Après de laborieuses péripéties et une réunion-fleuve, on connaît désormais le montant de la note : 158 milliards d'euros pour sauver la Grèce, et peut-être l'euro par la même occasion. La part de la France dans ce sauvetage devrait être de 15 milliards. Dans la mesure où le pays est déjà en déficit (plus de 7% du PIB en 2010), avec une dette de 1600 milliards d'euros, d'où vient cet argent ? Celui que l'on surnommait Harry Potter (François Baroin) est aujourd'hui à Bercy. A-t-il le pouvoir de créer de l'argent par magie ? La réponse est oui. Cet argent vient de nulle part, c'est de la pure création monétaire qui repose uniquement sur la confiance, une denrée qui risque de se faire de plus en plus rare dans l'avenir. Mis à part une participation des créanciers privés, qui reste à définir (le diable est dans les détails), l'Europe est en train, insensiblement, d'européaniser de plus en plus la dette de la Grèce (aide du FESF, Fonds européen de stabilité financière, rachat de la dette grecque par celui-ci, aide de l'UE…) Cela aurait dû être mis en œuvre plus tôt, plus fortement, plus clairement. Mais Cruella Merkel s'y opposait, pour des raisons purement électorales. Encore une fois, tout cela repose sur la confiance. Hier, les marchés ont réagi de façon positive. Et vous, avez-vous confiance ?