Affichage des articles dont le libellé est Corée du Nord. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Corée du Nord. Afficher tous les articles

mercredi 28 décembre 2011

Double peine

Suite au décès du Cher Leader, le chagrin est immense en Corée du Nord, comme nous le montre la télévision officielle. Des funérailles grandioses ne suffiront pas à consoler ce peuple éprouvé par la perte d'une des lumières de l'humanité. Cet enterrement de première classe est à comparer avec les obsèques dignes et sobres de Vaclav Havel, disparu le même week-end. Tout ce qui est exagéré est insignifiant, disait Talleyrand. En voici une preuve supplémentaire.

mardi 20 décembre 2011

Barbie et Kim

Dans son cercueil transparent, le "Cher Leader" offre une étonnante ressemblance avec la façon dont est présenté le fiancé de Barbie dans les rayons des magasins de jouets. Le défunt sous blister est offert à l'adoration des foules, comme Barbie et Ken sont offerts à la convoitise des petites filles. Étonnant rapprochement entre le pire collectivisme et le capitalisme le plus débridé. En Corée du Nord, la mise en scène du chagrin national, avec ses cohortes de pleureurs et de pleureuses, nous semble d'un ridicule achevé dans sa fausseté. Cela ne devrait pas nous faire oublier la mise en scène de la politique dans nos sociétés éminemment démocratiques, qui est beaucoup plus subtile mais tout aussi perverse. Dans les deux cas, il s'agit d'abuser les esprits. La différence n'est qu'une question de degré et d'habileté.

lundi 19 décembre 2011

Mort du bien et du mal

Les décès ce week-end de Vaclav Havel et de Kim Jong-il nous offrent à la fois une opposition et un rapprochement saisissants. C’est un peu le bien contre le mal : la soif de liberté d’un côté, le délire du pouvoir et de l’asservissement de l’autre. L’annonce du décès du « cher leader » par une présentatrice en larmes et vêtue de noir illustre bien la folie dans laquelle la Corée du Nord est plongée. Avec Vaclav Havel (prononcer Vaslav, s’il vous plaît, comme les Tchèques), c’est la belle et opiniâtre lutte contre le totalitarisme que l’on peut honorer, de la part d’un dramaturge-président qui aura su faire passer son pays du totalitarisme à la démocratie sans verser de sang, avec la Révolution de Velours. Espérons que la Corée du Nord connaisse un jour le desserrement de l’étau et le bonheur fragile de la liberté. Tous les peuples la méritent.

samedi 6 août 2011

La bombe inhumaine

Le 6 août 1945, le capitaine Paul Tibbets, aux commandes de la super-forteresse volante "Enola Gay", larguait "Little Boy" au dessus d'Hiroshima. À 8 h 16, la première bombe atomique "guerrière" explosait, causant de 70 000 à 140 000 morts, selon les sources. Le 9 août suivant, Nagasaki connaissait le même sort. C'est un lien étrange qui unit les USA et le Japon, le seul pays au monde à avoir utilisé l'arme atomique (contre des populations civiles), et le seul pays au monde qui en ait été victime. Le sujet a longtemps été tabou au Japon, et les survivants ont été l'objet de rejet et d'ostracisme (voir le très beau film de Shôhei Imamura, "Pluie noire"). Comme chaque année, les Japonais vont commémorer l'événement, qui prend une résonance particulière 4 mois et demi après la catastrophe de Fukushima. Aujourd'hui, des pays aussi peu rassurants que le Pakistan, la Corée du Nord, l'Iran, possèdent l'arme nucléaire ou veulent l'acquérir. Peut-on imaginer que l'un de ces pays puisse s'en servir un jour ? Si l'on considère la longue série d'atrocités commises par différents peuples au cours du seul 20e siècle, cela n'incite pas à l'optimisme. La nature humaine est régulièrement capable d'être inhumaine, parfois au nom "d'intérêts supérieurs" dont la légitimité apparaît souvent plus que douteuse, avec le recul du temps. Il serait bon de s'en souvenir, et de rester toujours lucide et vigilant.